dimanche 9 octobre 2011

Compostelle - Budget journalier 20 à 40 euros par jour ?

A l'origine de cette discussion sur les droits et devoirs des marcheurs, puis sur le budget journalier le message suivant sur le forum ;
http://www.aucoeurduchemin.org/spip/-rubrique34-.html

Des pèlerins trouvent normal de traverser une propriété malgré l’opposition franche du propriétaire. Je m’interroge : quelle mentalité incite à ne pas respecter le droit pour éviter un simple détour de 5 kilomètres ?


Plus généralement, en lisant d’autres commentaires déposés sur ce forum, il apparaît que pour certains intervenants, on aurait droit à un traitement et à des prix spéciaux parce que l’on est pèlerin. Qu’est-ce qui peux le justifier ? Rien. Le GR 65 est un GR d’un niveau plus que facile pour un randonneur, il n’y a rien d’extraordinaire à le parcourir ; d’autre part, on y est en permanence assisté, grâce au balisage méticuleux, grâce au travail des associations jacquaires, à celui des communes, etc. aussi on devrait être reconnaissant ; enfin si l’on s’engage dans un pèlerinage, c’est un choix individuel qui n’apporte rien de particulier à la collectivité.
On ne peut tirer aucun avantage à être pèlerin, simplement parce qu’il n’en découle aucun droit. La sympathie que l’on peut inspirer, la bienveillance des hospitaliers, c’est un don qu’il faut prendre comme tel, sans exiger que cela devienne la norme pour tout le monde, à commencer par les entreprises commerciales qui ont choisi de s’installer sur l’itinéraire emprunté.


Les pèlerins n’ont ni droit, ni statut particulier. Alt 8 octobre 2011

Il faut modérer un peu l’affirmation "c’est un choix individuel qui n’apporte rien de particulier à la collectivité ".
Si l’on estime qu’un pèlerin-randonneur dépense entre 30 et 50 € par jour, ça fait vivre un peu de chiffre d’affaire pour les hébergeurs, les commerçants, les restaurateurs etc.
Les pèlerins n’ont ni droit, ni statut particulier. Mélanie 9 octobre 2011

Réponse a Alt 

Je survole avec interet cette polemique, pour la premiere fois depuis des mois mais ton intervention me laisse coite et me pousse a reagir : pres de 70% des pelerins venant des pays du sud de l’europe ne dispose pas d’un budget superieur a 15 / 20 Euros par jour... et certains ont moins de 10 euros par jour ; pour cela je ne puis d’ailleurs plus me considerer pauvre et mon "voeu de pauvrete" se traduit plus par un comportement spirituel. Arrete de rever et tant mieux si tu disposes de 50 Euros par jour mais le chemin c’est aussi apprendre a considerer qui est et ce que vit l’Autre...Bon Camino
Melanie

Les pèlerins n’ont ni droit, ni statut particulier. Alt 9 octobre 2011
Tout d'abord, franchement ce n'est pas une bien grande polémique ; c'est tout juste un échange un peu argumenté. Je suis désolé que cette petite discussion te laisse coi.

J'ai cependant un peu de mal à croire que "certains ont moins de 10 euros par jour". Avec si peu d'argent, il n'est pas possible de vivre sur un des chemins de Compostelle en France sans mendier.

Contrairement à ce qui est dit, je ne rêve pas et je ne disposais pas de 50 Euros par jour. J'ai simplement donné une fourchette. Il est donc inexact de prendre le montant le plus élevé de cette fourchette et non la médiane.

Ma femme et moi, nous marchons ensemble. Nous vivons simplement tant dans notre vie de tous les jours que sur les chemins. Cependant, nous dépensons autour de 75 € par jour à deux pour manger, boire et dormir sans demander un tarif de faveur aux hébergeurs et aux commerçants. Y'a longtemps que j'ai appris sur les chemins et ailleurs "a considerer qui est et ce que vit l’Autre..."(sic). La pauvreté et la misère ne sont pas sur les chemins de Compostelle ; elles sont muettes et cachées dans des logements insalubres. Le quart monde n'a pas les moyens de se payer le pèlerinage.

J'ai marché 65 jours sur les chemins de Compostelle en 2010 ; j'ai marché 3 semaines sur le Stevenson et le chemin de Régordane cet été. J'ai côtoyé plus d'une centaine de personnes lors de ces deux pérégrinations,

Mes collègues randonneurs ne me semblent pas être les pauvres pèlerins du sud de l'Europe décris dans l'un des messages. J'ai marché avec des cadres de la fonction publique, un étudiant italien fils de famille catholique pratiquant, un acupuncteur japonais,un américain prof d'espagnol, un ingénieur mexicain, un cuisinier néo-zélandais, un prof de fac italien, un photographe japonais, un médecin québécois,une journaliste romancière française, des étudiantes coréennes, des canadiens aisés, des touristes japonais et des sportifs coréens, un recteur protestant anglais, un cadre supérieur de police à la retraite, un cinéaste californien, des cadres retraités de chez IBM etc.

Il est vrai que j'ai fui les quelques pèlerins très très minoritaires qui faisaient du prosélytisme chrétien intégriste sur le chemin. Ces nouveaux "missionnaires" souvent jeunes et pas trop bien dans leur peau me semblaient vivre le chemin comme une pénitence et non comme un partage ou une communion.

Mais à chacun son chemin.

Pour ma part, j'essaie de ne pas tomber dans le misérabilisme.  J'essaie de me comporter en "bon chrétien" en payant mon dû pour le service rendu sans quémander ni rabais ni remise.

Je pense ainsi apporter mon soutien aux professionnels, aux associations, aux collectivités publiques pour qu'ils continuent à permettre aux pèlerins du monde entier de fréquenter ce chemin unique.

Bon camino vous tous.